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Lettre aux premiers signataires (et aux autres !)

Lettre aux 1ers signataires de l’Appel des 100 publié le 1er mai 2016.

 

Appel-des-100

Cher-es ami-es, cher-es camarades,

 

Bonne nouvelle ! : L’Appel des 100 sera présent à la Fête de l’Humanité qui aura lieu du vendredi 9 au dimanche 11 septembre. Nous y tiendrons un stand et nous proposons d’y organiser des débats et tables rondes. Vous pouvez voir ci-dessous le programme envisagé, qui n’est pas encore complet notamment sur les noms de tou-tes les intervenant-es.

Vous êtes donc cordialement invité-es à y participer, à venir débattre y compris pour discuter des suites de l’Appel, et des initiatives à prendre à la rentrée.

Un bar permettra quelques échanges plus conviviaux.  Nous proposons d’organiser un apéritif convivial samedi en fin d’après-midi avant la soirée culturelle et nous prévoyons également quelques temps musicaux.

Il sera aussi possible de mettre au point des rendez-vous pour des réunions publiques dans vos villes, villages, quartiers, régions. Nous ferons connaitre l’état de nos discussions sur les mesures d’urgence (le projet de texte initial est disponible sur le site : appeldes100.org).

Vous vous en doutez : il y a aussi quelques tâches d’animation très pratiques. Nous pouvons les résumer ainsi : tenir le bar, assurer une permanence pour faire signer l’Appel, répondre à des questions ou noter des sollicitations, surveiller le matériel. Si vous avez des disponibilités, elles sont les bienvenues.

L’équipe d’animation vous souhaite donc une belle fête de l’Humanité et sera ravie de vous accueillir au stand de l’Appel des 100.

Pour nous joindre :

 

 

Et voici le programme à l’Agora de l’Appel des 100.

 

– Trois grandes tables rondes

– Trois ateliers

– Un forum 

– Une soirée musicale et culturelle.

 

Vendredi 9 septembre.

 

  • Vendredi 9 septembre à 17h30 : Mouvement contre la loi travail : quelles perspectives d’action après l’adoption de la loi?

Animation. Jean François Téaldi, journaliste, un des initiateurs de la pétition LoiTravailNonMerci.

Avec des représentants des syndicats opposés à la loi El Khomri.

 

 

Samedi 10 septembre.

 

  • Samedi 10 septembre à 11h : Quelle refondation de l’Europe face aux enjeux mondiaux ? Animation : Marie-Christine Vergiat (euro députée FdG).

Avec Bertrand Badie (universitaire, auteur de « Nous ne sommes plus seuls au monde), Jean Pierre Dubois (professeur de droit public), Miguel Urban-CRESPO (euro député, Podemos), Angeliki Visviki (responsable des questions migratoires à Syriza).

 

 

  • 16h, atelier : L’urgence écologique : les enjeux d’une agriculture paysanne.  Michel Buisson (agronome, Ensemble), Judith Carmona (Présidente de la commission agriculture à la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénnées), Xavier Compain (responsable du secteur agricole au PCF), Ben Lefetey (militant écologiste et altermondialiste).

 

 

  • 18h, table ronde : Les enjeux 2017 et de l’après 2017 pour une alternative citoyenne et de gauche. Quelle place de l’Appel des 100 ?

Avec Julien Bayou (EELV), Gérard Filoche (à confirmer), Michel Jallamion (Convergences Service Public), Willy Pelletier (Fondation Copernic), Marie-Pierre Vieu (PCF), Jean-François Pellissier (porte-parole d’Ensemble !).

 

  • Apéro convivial.

 

  • Soirée carte blanche à la culture.

Animation Serge Regourd, universitaire.

 

Dimanche 11 septembre.

 

 

  • Dimanche 11 septembre à 10h30 : L’enjeu démocratique : quelle mobilisation citoyenne ? Vers la 6ème République!

Avec Jean-Pierre Dubois (militant des droits de l’homme), Roland Gori (initiateur de l’Appel des appels).

 

  • 11h30, Forum. Egalité femmes/hommes, un impératif de société.
  • 14h, atelier urgences sociales : débat sur revenu universel ou socialisation du salaire /ou débat sur les mesures d’urgence en projet.

L’Appel des cent sera présent à la Fête de l’Humanité

L’appel des 100 tiendra un stand à la Fête de l’Humanité les 9, 10 et 11 septembre 2016, avec plusieurs tables rondes et débats. 

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Cliquer : Document2

 

Fête de l ‘Humanité. Agora de l’ Appel des 100.

 

– Trois grandes tables rondes

-Trois ateliers pour un socle politique commun

Un forum  –

Une Soirée musicale et culturelle.

 

Vendredi 9 septembre.

 

– Vendredi 9 septembre 17h30 : Le mouvement contre la loi travail : quelles perspectives d’action après l’adoption de la loi?

Animation. Jean François Tealdi, journaliste, initiateur de la pétition.

Avec des représentants des 4 confédérations opposées à la loi Elkhomri.

 

Samedi 10 septembre.

 

Samedi 10 septembre à 11h : Quelle refondation de l’Europe face aux enjeux mondiaux ? Animation : Marie-Christine Vergiat (euro députée FdG).

Avec Bertrand Badie (universitaire, auteur de « Nous ne sommes plus seuls au monde), Jean Pierre Dubois (professeur de droit public), Miguel Urban-CRESPO (euro député, Podemos), Angeliki Visviki (responsable des questions migratoires à Syriza).

 

 

16h, atelier : L’urgence écologique :  les enjeux d’une agriculture paysanne.  Michel Buisson (agronome, Ensemble), Judith Carmona (commission agriculture de la région), Xavier Compain (PCF), Ben Lefetey (porte-parole de Sivens)

 

18h, table ronde : Les enjeux 2017 et de l’après 2017 pour une alternative citoyenne et de gauche. Quelle place de l’Appel des 100 ?

Avec Julien Bayou (EELV à confirmer ), Gérard Filoche ( a6confirmer), Michel Jallamion ( Convergences Service Public), Willy Pelletier ( Fondation Copernic à confirmer ),  Marie Pierre Vieu (PCF), Ensemble ?

 

19h30. Apéro convivial de 100.

 

20h30. Soirée carte blanche à la culture.

Animation Serge Regourd, universitaire.

 

Dimanche 11 septembre.

 

Dimanche 11 septembre à 10h30 : L’enjeu démocratique: quelle mobilisation citoyenne ? Vers la 6ème République!
14h : atelier urgences sociales.

La réunion publique à Rouen du 22 juin 2016

Rouen : débat tenu le 22 juin sous l’égide du collectif Idées (Initiatives et débats économiques, écologiques et sociaux), construit avant l’Appel des100, mais qui réunit le même arc de forces politiques et syndicales.
Cliquez ici pour découvrir l’invitation : flyer 2 pour 22 juin v3
Pour joindre le collectif Idées : collectif-idées@laposte.net
70 à 80 personnes avec un débat en deux temps :
ateliers thématiques :
·         Comment répondre aux urgences sociales qui se manifestent dans les grèves et manifestations ?
·         Comment bâtir des solutions avec la jeunesse ?
·         Comment répondre aux urgences écologiques et aux aspirations démocratiques à un autre monde et à vivre autrement ?
·         Comment financer des politiques d’intérêt général ?
 
 et table ronde avec : Jacques Chabalier (PCF), Gérard Filoche (motion B), Pierre Larrouturou (ND), Véronique Bérégovoy (EELV), et Jean-Claude Mamet (Ensemble).
Echanges sur le mouvement social,  sur 2017, la nécessité de passer des constats partagés à la rédaction d’une base commune, l’importance d’une démarche citoyenne  et aussi des échanges sur des primaires ouvertes avec des points de vue différents. Le débat se poursuit à la rentrée : une date est prise, une page facebook ouverte.

La réunion à Paris du 28 juin

La réunion a eu lieu à la salle La Java, dans le quartier Belleville. Plusieurs dizaines de personnes  y sont passées, sans doute pas assez pour Paris, mais les interventions ont été très intéressantes. Par ailleurs, il est recommandé de prévoir parmi les signataires franciliens de l’Appel d’autres réunions plus « décentralisées », dans les quartiers parisiens ou en banlieue.

Nous reproduisons ici les interventions d’introduction au débat prononcées par Marie-Christine Vergiat, députée européenne, Baptiste Talbot, militant syndical, et Jean-Pierre Dubois, militant associatif. Si d’autres personnes veulent publier leur intervention, il suffit de nous joindre.

Vous pouvez aussi cliquer ici pour voir l’invitation faite et les personnes qui sont intervenues ou ont envoyé un message de soutien : Projet invit 280616-3-2.

Participation ou message de soutien : Julien Bayou, Sergio Coronado, Gérard Filoche, Michel Jallamion, Pierre Laurent, Elise Löwy, Noël Mamère, Jean-François Pélissier, Marie-Pierre Vieu

et  :  Nathalie Andrieu-Hennequin (FSU),  Mathieu Borie (Sud Rail), Caroline de Haas (initiatrice pétition Loi travail non merci), Pierre Khalfa (fondation Copernic), Gérard Mordillat (écrivain) Willy Pelletier (fondation Copernic), Marc Slyper (CGT spectacle, intermittent), Malika Zédiri (APEIS)

 

 

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Nous vivons une crise profonde, sociale, économique, écologique, démocratique : une crise politique qui vaut en France mais aussi en Europe.
On veut faire croire qu’il n’y a pas d’alternative, comme si le TINA (There is no alternative) de Margaret Thatcher au début des années 80 était devenu le credo de la plupart des forces politiques dites gouvernementales.
Résultat : la droite nationaliste, l’extrême droite montent dans de nombreux pays européens avec des frontières de plus en plus floues entre les unes et les autres.
Cette ambiguïté, cette contagion sont   particulièrement visibles au sein du Parlement européen : le FIDEZS du Premier ministre, Viktor Orban siège au sein du PPE, avec les Républicains, le PiS polonais au sein de l’ECR, avec les conservateurs britanniques, l’UKIP de M. Farage et les 5 étoiles italiens au sein de l’EFDD, et le FN a son propre groupe, l’ENF
Le Brexit est une illustration de ces évolutions : ce n’est pas un Brexit de gauche : les Britanniques ont eu le choix entre la droite nationaliste de Monsieur Farage (qui réclame déjà des accords de libre-échange et prétend ne jamais avoir dit que les 350 millions de livres annuels affectés à l’UE seraient reversés au NHS (le système de santé britannique) et l’ordo-libéralisme de monsieur Cameron qui cherche à gagner du temps pour éviter le désastre qu’il a lui-même créé et avec le risque de voir éclater le Royaume-Uni (les Ecossais et les Irlandais ayant très majoritairement voté contre le Brexit).
En France, la « classe » politique semble obnubilée par la montée du FN.
En janvier dernier, nous nous sommes réunis pour voir comment nous pouvions réagir ensemble après la publication de l’appel « Notre primaire » avec l’idée de refuser de se laisser piéger par les institutions de la Vème République en faisant passer le fond avant les questions de personnes.
À cette première réunion participaient notamment, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Julien Bayou, Gérard Filoche et d’autres, notamment syndicalistes et acteurs associatifs.
Nous avons considéré qu’après l’échec de la constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité, les fortes mobilisations dans le cadre de la COP 21 ou la solidarité vis à vis des migrants, des énergies citoyennes étaient disponibles pour construire une alternative à gauche, de gauche.
Nous avons été en quelque sorte rattrapé-e-s par le mouvement social contre la loi El Khomri et les « Nuits debout ».
Nous avons écrit le texte de notre appel et avons souhaité le publier symboliquement le 1er mai.
Les signataires de l’appel sont divers universitaires, artistes, syndicalistes, militants associatifs, altermondialistes, citoyens, responsables et élus de différentes sensibilités politiques.
Nous avons proposé de lancer, de co-organiser des débats en région et pour le faciliter, nous avons proposé des mesures d’urgence qui ne constituent pas un programme mais sont destinées à ouvrir, favoriser le débat autour de 7 thèmes:
– l’ « hégémonie » culturelle, autrement dit la nécessite de combattre l’idéologie dominante et de rendre crédible une alternative.
– l’urgence sociale qui sera présentée par Baptiste Talbot.
– l’urgence écologique pour changer notre rapport au monde en précisant que, pour nous, l’écologie, et notamment l’écologie politique, ne se limite pas à la protection de l’environnement et plus largement de la planète. Elle doit être vue dans toutes ses dimensions économiques et sociales et ne peut, comme nous l’avons écrit, être séparée de la question de la répartition des richesses ou de celle des biens durables et notamment des biens communs qui, tels l’eau et l’air, ne peuvent faire l’objet d’aucune appropriation et ne peuvent être gérés que dans un but non lucratif.
– l’urgence démocratique et l’urgence pour les droits et les libertés (déchéance de nationalité, assignation à résidence, limitation du droit de manifester sont quelques exemples de cette régression des libertés pendent des reculs sociaux). Jean Pierre Dubois nous en parlera.
– l’urgence économique et la nécessité de redéfinir des politiques publiques qui mettent l’économie au service des citoyens et non l’inverse. Nous considérons que la crise n’est pas une fatalité, pas plus que la réduction des déficits publics ou la dictature de la dette. La lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, une réforme fiscale de grande ampleur y compris pour les PME, 4 fois plus taxées que les multinationales, la taxation sur les transactions financières par exemple, sont autant de propositions permettant de dégager d’autres moyens budgétaires pour financer les services publics et leur redonner la priorité.
Proposer une alternative, c’est aussi reprendre le pouvoir sur les multinationales, les marchés et le monde de la finance. Le pouvoir politique doit avoir le courage de reprendre la main et ce, au niveau national comme au niveau européen.
Et sur la question européenne, au delà des différences que nous pouvons avoir, nous sommes d’accord pour dire que nous ne voulons plus de cette Europe, symbole de régression tous azimuts, des politiques austéritaires aux conséquences sociales catastrophiques dont la Grèce est un triste et triple symbole: laboratoire des dogmes libéraux, déni de démocratie et supportant le poids des égoïsmes nationaux face au drame des réfugiés.
Ce drame des réfugiés qui ouvre la question de l’urgence internationale et la nécessité d’autres rapports entre Etats, peuples et citoyens.
Une société monde où les échanges se démultiplient et où l’on voudrait que les êtres humains et bien sûr avant tout ceux du Sud restent chez eux, derrière les frontières, derrière des barbelés ou enfermés dans des camps.
Ce monde de plus en plus multipolaire où quelques Etats ne peuvent plus faire la loi pour tous les autres.
Il est temps de tourner la page de l’hégémonie occidentale pour inventer un autre monde où la solidarité et le partage remplaceront la concurrence, la compétition, la loi de la jungle, les logiques de guerre et de course aux armements.
Quand j’ai dit cela, j’ai tout dit et je n’ai rien dit.
Mais nous considérons que c’est à chacun d’entre nous, d’entre vous de s’accaparer les débats et de mettre en discussions nos propositions. Nous refusons le «  top down » et voulons faire vivre le débat. Celui-ci sera ouvert dans de nombreuses villes de France.
Les propositions peuvent aussi être discutées sur le site appeldes100.org.
Nous essayerons de rassembler les propositions et de construire un socle commun pour favoriser si possible des candidatures d’unité pour la présidentielle et les législatives.

 

fete humanite 2014 - vendredi 21 septembre - Forum social, les enjeux de la metropole, du grand Paris et dela reforme territoriale.Baptiste Talbot - Julien Jaulin

fete humanite 2014 – vendredi 21 septembre – Forum social, les enjeux de la metropole, du grand Paris et dela reforme territoriale.Baptiste Talbot – Julien Jaulin

 

En quoi les perspectives politiques constituent un enjeu syndical ?

Spécificités de la lutte syndicale telle que la conçoit le syndicalisme de transformation sociale : la lutte syndicale articule la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, des privés d’emploi et des retraités, à la bataille pour la transformation sociale.

Le syndicalisme de transformation sociale est indépendant des partis et des pouvoirs en place à tous les échelons, mais il n’est pas neutre sur les enjeux de société et donc sur les questions politiques.

Le syndicalisme n’aspire pas à l’exercice du pouvoir politique mais il est intéressé  à ce que les aspirations du monde du travail soient prises en compte par ceux qui l’exercent, et il a donc intérêt à œuvrer à ce que le rapport de force politique crée les conditions de cette prise en compte.

Se pose donc la question des modalités de la construction de ce rapport de force, question qui doit être abordée à l’aune du contexte.

Les circonstances actuelles constituent une singularité par leur combinaison :

1 – l’offensive planétaire du capital et la financiarisation de l’économie qui entraînent de lourds dégâts économiques et sociaux

2 – les tensions internationales qui en découlent

3 – la défiance à l’égard de la construction européenne libérale qui est devenue une défiance à l’égard de l’idéal européen et plus largement de l’idée que des solutions doivent se construire au plan international

4 – la continuité austéritaire Sarkozy – Hollande, qui marque une véritable rupture dans notre histoire politique : malgré l’alternance, continuité et par certains aspects aggravation des politiques de régression sociale. Rupture lourde de conséquences à au moins trois titres : entretient mythe selon lequel il n’y a pas d’alternative ; parce que Hollande et ses soutiens continuent de se réclamer de la gauche, cette politique provoque la confusion dans l’opinion, divise la gauche et tire celle-ci vers le bas ; politique qui abaisse la parole et l’action politiques en raison des engagements non tenus

5 – la crise démocratique marquée par une remise en cause par les forces dominantes des moyens d’expression et d’action des citoyens (réforme territoriale, attaques contre les IRP, les bourses du travail, répression antisyndicale Goodyear, Air France…). L’état d’urgence est aussi une manifestation de cette entreprise de remise en cause. Crise aussi de nos institutions, des partis et plus largement des corps intermédiaires dont les syndicats

6 – la montée de l’extrême droite

 

Dans ces circonstances singulières donc, deux voies à emprunter, qui doivent s’articuler, pour créer le nécessaire rapport de force au plan politique :

-la mobilisation sociale la plus unitaire possible : mouvement enclenché sur le PJL El Khomri ; mobilisations dans différents secteurs ;… Processus enclenchés réunissent des forces diverses : composante syndicale  qui joue un rôle important pour ancrage dans le monde du travail ; organisations de jeunesse ; collectifs pluriels type CQFD ; campagne pétitionnaire sur Change.org ; … Le mouvement social contribue à remettre les attentes du monde du travail au centre du débat public. Cela permet de peser sur les choix politiques d’aujourd’hui mais aussi sur ceux de demain.

-la mobilisation citoyenne, de nature plus directement politique mais complémentaire de la première, qui vise à construire un projet politique alternatif de nature à mobiliser, et qui s’articule à la mobilisation contre le projet de loi Travail. Issue parlementaire du processus : enjeu de la motion de censure comme moyen de bloquer le projet de loi.

Dans les circonstances particulières où nous nous trouvons, nombre de militants syndicaux considèrent qu’il est de l’intérêt premier du syndicalisme, du monde du travail, de contribuer à faire émerger un horizon politique, un projet de nature à mobiliser les citoyens pour rompre avec les politiques menées depuis plusieurs décennies et retrouver la voie du progrès social et démocratique.

Il y a de fortes attentes dans le monde du travail et le syndicalisme, et aussi de la disponibilité pour la construction d’une alternative rassembleuse.

Plus largement, la question de l’alternative ne peut et ne doit être laissée aux seuls appareils politiques. Ceux-ci ont un rôle à jouer. Mais pour faire de la politique une affaire de masse, construire un projet par et pour les citoyens, il faut mobiliser et faire converger toutes les énergies prêtes à œuvrer dans la même direction.

Tout en étant vigilants sur l’indépendance de chacun, nous devons aussi tous mesurer la nature colossale des défis auxquels nous sommes confrontés. L’heure est aussi au volontarisme et  à l’audace pour faire bouger les lignes.

 

 Mettre le projet au cœur du rassemblement

La question de la candidature pour être traitée convenablement nécessite d’être traitée dans un second temps, après celle du projet.

 

Présentation du volet social des propositions de mesures d’urgence

 

Urgence sociale : Pour une vie digne

Des pans entiers de la population ne vivent pas décemment. Aucune société démocratique ne peut l’accepter. Au-delà de la simple décence, de l’exigence d’une dignité retrouvée, la lutte contre la pauvreté et la précarité est une lutte politique.

La France a le triste privilège d’être le pays européen où il y a le plus de millionnaires mais elle compte 8,5 millions de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté dont 1,9 million de travailleurs pauvres.

5 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement, 3,5 millions de personnes sont mal-logées et 141 500 personnes sans domicile.

Notre pays compte plus de 6 millions de chômeurs (toutes catégories confondues). 50 % des salariés gagnent moins de 1 670 euros par mois et 50 % des retraité-e-s doivent vivre avec moins de 1 000 euros.

Depuis le début des années 80, le capital a capté pour l’essentiel le surplus de la richesse produite. La part qui va aux salaires ne cesse de régresser au profit des actionnaires. Elle est passée de 70 à 60 % des richesses produites depuis 1982.

L’incertitude du lendemain est venue, depuis trois décennies, prendre la place du compromis social pour soumettre les travailleurs aux exigences des marchés.

Les femmes et les populations discriminées en sont les premières victimes.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils sont inacceptables dans notre pays qui est toujours la sixième puissance économique du monde en termes de PIB.

Il faut augmenter les salaires et les plafonner pour réduire les inégalités. Mais il faut veiller en parallèle à ce que des hausses de loyers ou des factures d’eau, de gaz, d’électricité ne viennent pas obérer ces augmentations. Il faut mener des politiques coordonnées pour y parvenir.

Quelques propositions à débattre :

  • Rétablissement de l’ordre public social, primauté de la loi et des conventions collectives, reconstruction du code du travail,
  • Augmentation des minimas sociaux, du SMIC et des salaires publics et privés,
  • Mise à disposition des populations les plus fragilisées de quotas gratuits d’accès à des services publics et des biens essentiels (énergie, eau, transport,…), blocage des loyers ou tarifs sociaux pour l’accès à ces biens fondamentaux,…
  • Égalité salariale entre les femmes et les hommes avec obligation de résultat et mise en œuvre de sanctions,
  • Allocation d’autonomie pour les jeunes,
  • Lutte contre la précarité sous toutes ses formes y compris salariale (la précarité doit devenir exceptionnelle, les emplois précaires doivent être limités, le temps partiel imposé interdit et toutes les formes de travail atypique doivent être encadrées),
  • Réduction du temps de travail (durée du travail -35 heures, 32 heures, semaine de 4 jours,.., âge de la retraite),
  • Débats sur revenu garanti, revenu universel de base ou salaire à vie,
  • Salaire maximum et limitation de l’échelle des salaires de 1 à 20,
  • Renforcement de la protection sociale pour assurer l’égalité devant les risques et les aléas de la vie y compris la dépendance,
  • Pour un réel droit à la santé et une politique du médicament,
  • Amélioration de la prévention sanitaire y compris environnementale et sur les lieux de travail et renforcement de rôle des CHSCT, des médecins et des inspecteurs du travail),
  • Mise en place d’une Sécurité sociale professionnelle permettant la continuité des droits tout au long de la vie,
  • Renforcement des institutions représentatives du personnel et nouveaux droits des salarié(e)s dans l’entreprise afin de leur permettre de participer pleinement au processus de décisions qui les concerne,
  • Suppression des aides publiques versées aux entreprises sans contrepartie,
  • Contrôle des licenciements abusifs et interdiction des licenciements boursiers

 

  • Intervention de Jean-Pierre Dubois, militant associatif : « Favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative »

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Fichier : Favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative

 

Vendredi 24 juin, j’ai fait un cauchemar : lors d’un prochain « G7 », Nicolas Sarkozy fraternisait avec Donald Trump et Boris Johnson… Bien sûr, les deux premiers n’ont pas (encore ?) gagné, et le troisième a été lâché par ses propres amis politiques. Mais que ces trois personnages soient sur le devant de la scène mondiale, cela veut dire que la politique va vraiment mal aujourd’hui. Et la liste ne s’arrête pas là : l’Europe où nous vivons est celle des Boris Johnson et des Nigel Farage, mais aussi celle du PiS en Pologne, du FPÖ en Autriche, de la NVA en Flandre belge, etc. etc. ; une Europe dans laquelle la droite extrême et l’extrême droite s’acoquinent et progressent toujours davantage.

 

Ainsi, en Europe comme ailleurs dans le monde (USA, Brésil…), ce ne sont pas seulement les institutions politiques de la démocratie sont en crise : les forces politiques ne sont pas en meilleur état.

Face aux démagogues nationalistes, xénophobes et racistes, il y a les tenants de la « démocratie conforme au marché » (selon la formule si claire d’Angela Merkel), ceux qui veulent mettre à genoux les peuples devant leurs « règles d’or » parce que l’or est leur seule règle, et pour ceux-là la démocratie et nos libertés ne sont qu’une gêne. Pour cette droite « néolibérale » et/ou « ordolibérale », c’est en force, s’il le faut, que doivent passer le recul social, la précarité pour le plus grand nombre, la concurrence de tous contre tous. En France, c’est en fait à cela que sert l’« état d’urgence » — pas à lutter contre le terrorisme (toutes les opérations sérieuses ont été menées sur la base du droit « ordinaire ») mais à bloquer le mouvement pour la justice climatique en décembre 2015 et le mouvement social en juin 2016. Oui, pour ceux qui aiment la « gouvernance » conforme aux désirs des marchés financiers, la démocratie est de trop, nos libertés sont de trop.

Mais les forces de la gauche sont elles aussi en crise, car toutes les formes anciennes du politique sont en crise. Dans nos sociétés d’individus, plus autonomes, moins « disciplinés », mieux formés et informés, la délégation sans contrôle, ça ne marche plus ; les astuces de « communicants », les grosses ficelles de campagne du genre « la finance, c’est mon ennemi », ça ne marche plus. Et les vieilles formules, les cartels de partis à l’ancienne, les négociations d’appareils, cela aussi ne fonctionne plus. Et donc c’est difficile, il y a des déceptions et des échecs, en Grèce en 2015, en Espagne ce 26 juin, en France si on fait le bilan depuis 2012. Mais il y a aussi du « neuf », ce « neuf » qui, avec des hauts et des bas parce que rien de réel n’est linéaire, va sortir de cette crise profonde.

 

Ces jeunes pousses de la démocratie, partout on en voit des signes : l’engagement massif de la jeunesse autour de Bernie Sanders, le refus tout aussi massif de la xénophobie d’un Farage chez les jeunes Britanniques, les acquis (qui demeurent malgré le piétinement du 26 juin) de la construction rapide et forte de Podemos, et en France les mobilisations sociales, écologiques, démocratiques contre la destruction climatique et le « tout kérosène », contre la déchéance de nationalité, contre la casse du code du travail, malgré la manipulation de l’état d’urgence, malgré le référendum « arrangé » en Loire-Atlantique…

C’est à cela que nous devons ouvrir un débouché politique, au vrai sens de ce mot. Donc, pas un « sauveur » sur le mode « Vème République », un « homme providentiel » qui nous maintiendrait dans la trappe de la « monarchie présidentielle », des grandes et des petites « écuries », des querelles d’ego et des ambitions personnelles : c’est tout cela dont les citoyens sont saturés jusqu’à l’écœurement, c’est ce show politique entre protagonistes du « 1% » qui, dans les « 99% », fait le lit de l’extrême droite et de l’abstention. Or nous partageons toutes et tous la volonté que cela cesse : le renoncement à changer le monde, le reniement des engagements d’« état de grâce » en « état de disgrâce », les alternances (de personnes) sans alternatives (de politiques), ça suffit !

Nous, nous voulons vraiment parler politique : nous voulons parler de ce qui tient à cœur aux « 99% », dans le monde réel. Et donc il nous faut une « irruption citoyenne ».

 

L’irruption citoyenne, c’est d’abord une vraie démocratie :

  • Dans une démocratie, la loi n’est pas faite ni défaite par un seul homme (nous ne sommes pas en Russie…), elle sort d’une délibération collective, au Parlement. C’est donc aux élections législatives de juin 2017, et pas ailleurs, que peut se construire une majorité capable de faire revenir à gauche la politique dans ce pays.
  • Mais aujourd’hui cela ne suffit pas car la démocratie, cela ne peut plus être uniquement la délégation : la représentation reste nécessaire mais elle n’est plus suffisante. Il faut donc encore plus d’initiative citoyenne, vigilante et tenace. Il faut entendre et aider les mobilisations citoyennes de la Coalition climat 21, de « Nuit debout », des solidarités avec les réfugiés et avec les sans papiers ; il faut soutenir les collectifs de citoyens, les pétitions en ligne, promouvoir les « conférences citoyennes »… et co-élaborer nos propositions « à l’islandaise », donc en partant du terrain, ville par ville, région par région.
  • Et il faut aussi du contrôle citoyen, sur les élus mais aussi dans les entreprises, dans les services publics parce que la démocratie sociale, celle qui a progressé en 36 puis grâce au Conseil national de la Résistance, doit reprendre sa marche en avant et parce qu’il n’y a pas de démocratie sociale sans citoyenneté sociale. Donc, la parole aux citoyens sur les choix qui concernent les services publics, aux comités d’entreprise sur les licenciements dits « économiques », aux électeurs sur les choix importants des collectivités territoriales…
  • Et encore, c’est tout aussi important : plus de représentation proportionnelle et plus de limitation des renouvellements successifs de mandats, pour avoir plus de « parité », de « diversité » dans la représentation démocratique… et que toutes celles et tous ceux qui résident sur le territoire de la République soient enfin pleinement reconnus comme citoyens : le droit de vote et d’éligibilité de tous les résidents étrangers, après plus de 35 années de promesses non tenues, ça ne peut plus attendre si on regarde en face le monde d’aujourd’hui !

 

L’irruption citoyenne, c’est aussi le respect de tous les citoyens, sans discriminations, sans boucs émissaires, quels que soient les origines, les appartenances, les convictions et les choix de vie privée : qu’on soit chrétien, juif, athée ou musulman, Rom ou « Auvergnat »… à égalité dans une République qui refuse le rance et le moisi. C’est aussi le refus des coups de menton autoritaires, de ce néo-bonapartisme d’un autre âge qui fait du George Bush en citant Clemenceau. C’est le refus des assignations à résidence politiques et des perquisitions administratives tous azimuts, des interdictions arbitraires de manifester, de cet « état d’exception » trois fois prolongé depuis maintenant 8 mois et dont l’essentiel va contaminer dans quelques jours le droit commun « permanent » grâce à une 10ème, 11ème, 12ème, on finit par perdre le décompte, loi sécuritaire votée… depuis 2012. C’est le refus de cette « politique de la peur » qui, depuis 15 ans sans interruption, n’a servi qu’à faire monter le « parti de la haine ». C’est le retour de la priorité à l’état de droit, à la « sûreté » (comme on disait en 1789) qui protège nos libertés à tous. C’est l’indépendance du Parquet, le contrôle judiciaire sérieux des activités de police, et la fin de l’instrumentalisation politicienne du maintien de l’ordre. C’est l’égal respect des droits quels que soient les territoires, les « quartiers » pauvres ou riches, les couleurs de peau et les « religions réelles ou supposées », et donc notamment la fin des contrôles au faciès, encore une promesse cyniquement non tenue.

 

Bref, ce que nous voulons c’est prendre de nouveau au sérieux la République, mais pas celle des « nationaux-républicains » : la « République laïque, démocratique et sociale », ce n’est pas si révolutionnaire car ce sont les mots de l’article 1er de la Constitution, mais, comme pour la devise « liberté, égalité, fraternité », il est plus que temps de passer aux actes, « pour de vrai » et pour de bon…

 

Et pour cela il nous faut provoquer partout la discussion avec nos concitoyens, retrouver la gauche face aux fossoyeurs qui courent non seulement à leur propre perte mais aussi à la catastrophe démocratique : retrouver l’espoir pour la gente commun, comme dit Ada Colau, et ne jamais oublier : En Comu Podem ! Unidos Podemos ! Cela se dit et se comprend dans toutes les langues, et cela dépend de nous.

 

 

 

Jean-Pierre Dubois

Militant des droits de l’Homme et de l’humain.

 

 

 

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Appel des 100 « Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative. »

«Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative» est un appel signé par des universitaires, des artistes, des syndicalistes, des militant-e-s associatif(ve)s et citoyen-ne-s, des élu-e-s et responsables politiques (socialistes, écologistes, communistes, Ensemble, République et socialisme,  Front de gauche, …) qui porte une réelle pluralité et lance le débat à gauche.

Nous vivons une situation inédite : un capitalisme en crise et pourtant présenté dans le discours dominant comme seul système viable ; une Europe basée sur le libéralisme et éloignée des citoyens ; une crise écologique qui ne trouve pas de solutions à la hauteur ; le développement des tensions internationales et de politiques migratoires mortifères ; une crise globale de la vie politique marquée notamment par la forte montée de l’extrême droite… Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.